Depuis la mise en ligne du blog, et suite à diverses discussions avec mon entourage, j’aimerais vous parler de mon parcours et de mes premiers pas vers un mode de vie zéro déchet. Par quoi ai-je commencé ? Et où en suis-je aujourd’hui? La transition vers le zéro déchet ne va pas de soi. D’autant plus quand on a des enfants en bas âge ou lorsque les personnes avec lesquelles on vit ne partagent pas la même envie de réduire, c’est vrai. L’idée est avant tout de vous aider à déculpabiliser si vous n’y êtes pas encore et, à reconnaître la valeur des petits changements au fil du temps. Il y a d’ailleurs sûrement des gestes zéro déchet que vous faites déjà sans vraiment vous en rendre compte, vous êtes vous aussi sur le chemin, si si ! Le processus n’est évidemment pas linéaire, chacun avance à son rythme et s’approprie certaines pratiques et d’autres pas. Personnellement, je préfère vous l’avouer tout de suite, je mange encore de temps en temps des frites et des hamburgers du Macdo, voilà c’est dit, aïe…qui a jeté la première pierre? Durant cette sortie fast-food avec junior en vrac, on produit en un repas plus de 5l déchets, soit près d’un tiers de nos déchets d’une semaine….ouais dis comme ça, ça pue vraiment des pieds! Mais comme on dit, faute avouée à moitié pardonnée, non? Bon d’accord, paaaas bien, il fume dans l’rétro! Ce que je veux dire par là, est qu’il faut éviter de (trop) tomber dans l’obsession et continuer de faire ce qui nous fait plaisir. Je précise que, le contenu de cet article est mon opinion et ma façon de voir en l’instant « t », qui n’engage que moi et je vais essayer d’assumer, promis 😉 !

Désencombrement et découverte du mouvement zéro déchet

 

L’été 2015 correspond pour moi à un « petite » phase de crise existentielle. C’est à cette période que je ressens le besoin de me recentrer vers l’essentiel. Ce que j’ai fait en tout premier, c’est désencombrer mon logement, me débarrasser du superflu et ça m’a fait un bien fou! Vous trouverez sur mon blog un article sur Le désencombrement où j’explique de façon plus détaillée cette étape cruciale dans mon parcours vers le zéro déchet. Quelques mois plus tard, en automne 2015, alors que quelques magasins en vrac ouvrent en Suisse romande, notamment à Sion et à Genève, j’ai vu un documentaire sur Béa Johnson et entendu les déboires de journalistes radio qui avaient essayé de vivre une semaine sans emballage. J’ai trouvé a priori complètement irréaliste, « impossible, il n’y a que Béa Johnson qui peut faire ça ». Mais, mon envie de relever le défi a pris le dessus et, j’ai testé moi aussi cette fameuse semaine zero waste. Et bien, il fallait se rendre à l’évidence, cette semaine intensive zéro déchet était un fiasco. C’était comme une confirmation dont j’avais besoin « voilà, effectivement, pas possible, pas conciliable avec mon mode de vie, pas pratique, laisse tomber ». Mais Monique, ça ne se passe pas du tout comme ça, le passage au zéro déchet! C’est un processus lent, penser s’y mettre en une semaine, c’est se fourrer le doigt dans l’œil et s’en dégoûter à jamais (et là, je vous épargne la chanson qui va avec). Cette semaine avait pourtant eu un avantage, et c’est avec le recul que je m’en suis rendue compte. Cette expérience avait abouti à l’adoption d’une nouvelle pratique et donc de mes premiers pas vers le zéro déchet. Je n’ai depuis plus jamais acheté de contenant pour le produit lessive et la liquide vaisselle, je vais les faire remplir directement en magasin. Voici comment j’ai commencé, cela peut sembler tout-à-fait dérisoire mais, pendant six mois, j’ai juste consolidé cette pratique sans « révolutionner » pour autant mon style de vie ou mes habitudes de consommation.

 

Les produits d’entretien

Au printemps 2016, j’ai appris à faire mon propre nettoyant multi usage au Festival de la Terre et eu un véritable déclic! J’ai remplacé tous mes produits ménagers cra-cra par du bicarbonate de soude, du savon noir, du vinaigre blanc et des huiles essentielles. Mais non Simone, cela ne s’est pas fait en deux jours. J’ai passé plusieurs samedis soirs et dimanches après-midi à réviser, comparer et tester les diverses recettes et options, en privilégiant ce que je n’ai pas besoin de faire moi-même, qui a dit « faul« ? J’ai misé sur des recettes minimalistes, avec maximum 3 ingrédients. Je vous invite à lire l’article sur les produits ménager où je résume l’aboutissement, ou du moins l’état actuel des mes recherches. Au final, j’ai mis presque une année à changer mes habitudes en termes de produits d’entretien :

  • deux produits que je recharge en magasin : lessive et vaisselle
  • un produit que j’achète dans un emballage en carton recyclable (la poudre pour le lave-vaisselle)
  • l’usage du bicarbonate de soude pour nettoyer le four ou les plaques à induction et déboucher les canalisations
  • divers mélanges de 5 ingrédients de base pour le reste: vinaigre blanc, savon noir, huiles essentielles, bicarbonate de soude, cristaux de soude
  • un savon solide anti-taches (le fanfoué acheté chez Art Henia)

Et puis, s’en est suivie une nouvelle phase de stabilisation/consolidation de plusieurs mois.

 

Les produits de soin

Après les produits d’entretien de la maison, j’ai eu envie de m’attaquer aux produits de soins.  Au final, j’ai testé et adopté :

  • un déodorant solide
  • un shampoing solide et du vinaigre de cidre en après-shampoing (oui, la première fois ça fait toujours bizarre mais c’est dingue le résultat, vraiment!)
  • un savon solide polyvalent pour nettoyer mains, visage et corps
  • l’huile d’amande douce comme hydratant pour le visage
  • l’huile de coco comme hydratant pour le corps
  • un savon exfoliant
  • un dentifrice dans un tube en aluminium. Après quelques essais « do it yourself » non concluants, j’ai, pour le moment, opté pour un dentifrice de la marque Weleda dont seul le bouchon n’est pas recyclable.

Le remplacement des objets à usage unique par des objets réutilisables

Il y a aussi la phase où je me suis débarrassée des objets à usage unique.

  • le papier ménage, que l’on remplace par des chiffons micro-fibres (pouvant être achetés sans emballage plastique chet Otto’s et Jumbo)
  • les mouchoirs en papier que l’on remplace par des mouchoirs en tissus
  • l’aluminium et le cellophane que l’on remplace par nos amis les Tup’ ou des Furoshiki (je vous en parle bientôt dans l’article sur les savons) qui font l’affaire pour le transport ou protéger les aliments que l’on met au frigo et on dit au revoir au poisson en papillote ciao-ciao!
  • les bouteilles en plastique à l’emporter que l’on remplace par un contenant en verre ou une gourde Sigg ( car made in Switzerland 😉 ).

Et puis au final, on peut faire tout cela en continuant à faire ses courses à la Migros ou à la Coop.

La phase qui suit est celle qui me faisait le plus peur. C’est vrai, non franchement, je me disais « ça va pas être facile, je vais me gêner, je n’y connais rien… ».

 

Le marché et les magasins spécialisés

La première fois dans un vrai magasin en vrac, c’est le grand saut! Comment vous dire, si vous en sortez sans rien avoir acheté du tout, c’est normal, ça fait toujours ça la première fois. Et puis la deuxième fois, expérience faite, junior en vrac te regarde la bouche pleine de bulles et tu te rends compte qu’il vient de mettre sa bouche sous le bec verseur du liquide vaisselle et d’en goûter gaiement…Rhooo! Bon et puis on s’habitue, on prend la main, on devient moins hésitant, on sait enlever soi-même la tare (ouaiiis trop fière). Le plaisir remplace petit-à-petit la gêne du débutant. Mais ce que je préfère, c’est vraiment le marché! Un monde absolument nouveau pour moi, que j’ai énormément de joie à découvrir. L’accueil des commerçants, les sourires échangés, le plein air. Junior en vrac a eu du mal à s’y faire, il regrette les bonbons aux caisses et le rayon jouet. Désormais, il se fait offrir  des pommes, des carottes et des petits pains et c’est cadeau, moi j’adore! Je lui donne une liste de légumes dont il a la responsabilité et dès qu’il les trouve, il peut remplir son sac, « c’est bon comme ça maman? ». Et puis, il faut s’équiper un peu. Au début on oublie toujours quelque chose, zut, j’ai oublié le tupperware pour le fromage! Mince la boîte à œufs! Rho si j’avais eu encore un petit sac, j’aurais bien acheté encore ça là…

 

Avec du recul

À ce jour, sachant que Monsieur en vrac ne partage pas la démarche et qu’il est en charge des courses une semaine sur deux, notre famille (deux adultes et un enfant) produit l’équivalent d’un sac poubelle de 17 litres chaque 10 jours. Nous recyclons encore pas mal (carton, verre, aluminium). Je m’accorde quelques compromis et j’essaie avant tout de me faire du bien. Car le mode de vie zéro déchet n’est pas seulement une nécessité pour protéger notre planète, c’est aussi passionnant par les remises en question qu’il suscite, gratifiant par les nouveaux challenges à relever et riche en échanges et nouvelles rencontres. Il faut passer par des phases un peu décevantes et frustrantes, il s’agit néanmoins d’une extraordinaire aventure!  Le mouvement zéro déchet ne porte pas forcément bien son nom (si j’ose?), on aurait pu l’appeler  « déchet minimal » car le zéro déchet est un idéal avant tout, un moteur plus qu’un objectif en soi. Mon parcours n’est pas fini, j’ai encore des progrès à faire, des déclics à avoir et un long chemin à parcourir, yihaaa!

J’espère que cet article vous a plu et je me réjouis de faire votre rencontre sur les chemins du zéro déchet. Je suis curieuse de savoir où vous en êtes dans le processus et quelles sont les pratiques que vous avez adoptées, oui le cabas en tissu pour les courses à la Migros ça compte 😉 . Je suis sûre que vous aussi, vous avez des petites anecdotes sympa, alors n’hésitez pas à les partager ici en commentaire.

 

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