Mes premiers pas vers le zéro déchet

Nov 13, 2016 par

Mes premiers pas vers le zéro déchet

Depuis la mise en ligne du blog, et suite à diverses discussions avec mon entourage, j’aimerais vous parler de mon parcours et de mes premiers pas vers un mode de vie zéro déchet. Par quoi ai-je commencé ? Et où en suis-je aujourd’hui? La transition vers le zéro déchet ne va pas de soi. D’autant plus, quand on a des enfants en bas-âge ou lorsque les personnes avec lesquelles on vit ne partagent pas la même envie de réduire, c’est vrai. L’idée est avant tout de vous aider à déculpabiliser si vous n’y êtes pas encore et, à reconnaître la valeur des petits changements au fil du temps. Il y a d’ailleurs sûrement des gestes zéro déchet que vous faites déjà sans vraiment vous en rendre compte, vous êtes vous aussi sur le chemin, si si ! Le processus n’est évidemment pas linéaire, chacun avance à son rythme et s’approprie certaines pratiques et d’autres pas. Personnellement, je préfère vous l’avouer tout de suite, je mange encore de temps-en-temps des frites et des hamburgers du Macdo, voilà c’est dit, aïe…qui a jeté la première pierre? Durant cette sortie fast-food avec junior en vrac, on produit en un repas plus de 5l de déchets, soit près d’un tiers de nos déchets d’une semaine….ouais dis comme ça, ça pue vraiment des pieds! Mais comme on dit, faute avouée à moitié pardonnée, non? Bon d’accord, paaaas bien, il fume dans l’rétro! Ce que je veux dire par là, est qu’il faut éviter de (trop) tomber dans l’obsession et continuer de faire ce qui nous fait plaisir. Je précise que, le contenu de cet article est mon opinion et ma façon de voir en l’instant « t », qui n’engage que moi et je vais essayer d’assumer, promis 😉 !

Désencombrement et découverte du mouvement zéro déchet

 

L’été 2015 correspond pour moi à un « petite » phase de crise existentielle. C’est à cette période que je ressens le besoin de me recentrer vers l’essentiel. Ce que j’ai fait en tout premier, c’est désencombrer mon logement, me débarrasser du superflu et ça m’a fait un bien fou! Vous trouverez sur mon blog un article sur Le désencombrement où j’explique de façon plus détaillée cette étape cruciale dans mon parcours vers le zéro déchet. Quelques mois plus tard, en automne 2015, alors que quelques magasins en vrac ouvrent en suisse-romande, notamment à Sion et à Genève, j’ai vu un documentaire sur Béa Johnson et entendu les déboires de journalistes radio qui avaient essayé de vivre une semaine sans emballage. J’ai trouvé a priori complétement irréaliste, « impossible, il n’y a que Béa Johnson qui peut faire ça ». Mais, mon envie de relever le défi a pris le dessus et, j’ai testé moi aussi cette fameuse semaine zero waste. Et bien, il fallait se rendre à l’évidence, cette semaine intensive zéro déchet était un fiasco. C’était comme une confirmation dont j’avais besoin « voilà, effectivement, pas possible, pas conciliable avec mon mode de vie, pas pratique, laisse tomber ». Mais Monique, ça ne se passe pas du tout comme ça, le passage au zéro déchet! C’est un processus lent, penser s’y mettre en une semaine, c’est se fourrer le doigt dans l’œil et s’en dégouter à jamais (et là, je vous épargne la chanson qui va avec). Cette semaine avait pourtant eu un avantage, et c’est avec le recul que je m’en suis rendue compte. Cette expérience avait abouti à l’adoption d’une nouvelle pratique et donc de mes premiers pas vers le zéro déchet. Je n’ai depuis plus jamais acheté de contenant pour le produit lessive et la liquide vaisselle, je vais les faire remplir directement en magasin. Voici comment j’ai commencé, cela peut sembler complétement dérisoire mais, pendant six mois, j’ai juste consolidé cette pratique sans « révolutionner » pour autant mon style de vie ou mes habitudes de consommation.

 

Les produits d’entretiens

Au printemps 2016, j’ai appris à faire mon propre nettoyant multiusage au Festival de la Terre et eu un véritable déclic! J’ai remplacé tous mes produits ménagers cra-cra par du bicarbonate de soude, du savon noir, du vinaigre blanc et des huiles essentielles. Mais non Simone, cela ne s’est pas fait en deux jours. J’ai passé plusieurs samedi soirs et dimanche après-midi à réviser, comparer et tester les diverses recettes et options, en privilégiant ce que je n’ai pas besoin de faire moi-même, qui a dit « faul »? J’ai misé sur des recettes minimalistes, avec maximum 3 ingrédients. Je vous invite à lire l’article sur les produits ménagers où je résume l’aboutissement, ou du moins l’état actuel des mes recherches. Au final, j’ai mis presque une année à changer mes habitudes en termes de produits d’entretien :

  • deux produits que je recharge en magasin : lessive et vaisselle
  • un produit que j’achète dans un emballage en carton recyclable (la poudre pour le lave-vaisselle)
  • l’usage du bicarbonate de soude pour nettoyer le four ou les plaques à induction et déboucher les canalisations
  • divers mélanges de 5 ingrédients de base pour le reste: vinaigre blanc, savon noir, huiles essentielles, bicarbonate de soude, cristaux de soude
  • un savon solide anti-tâches (le fanfoué acheté chez Art Henia)

Et puis, s’en est suivi une nouvelle phase de stabilisation/consolidation de plusieurs mois.

 

Les produits de soin

Après les produits d’entretien de la maison, j’ai eu envie de m’attaquer aux produits de soins.  Au final, j’ai testé et adopté :

  • un déodorant solide
  • un shampoing solide et du vinaigre de cidre en après-shampoing (oui, la première fois ça fait toujours bizarre mais c’est dingue le résultat, vraiment!)
  • un savon solide polyvalent pour nettoyer mains, visage et corps
  • l’huile d’amande douce comme hydratant pour le visage
  • l’huile de coco comme hydratant pour le corps
  • un savon exfoliant
  • un dentifrice dans un tube en aluminium. Après quelques essais « do it yourself » non concluants, j’ai, pour le moment, opté pour un dentifrice de la marque Weleda dont seul le bouchon n’est pas recyclable.

Le remplacement des objets à usage unique par des objets réutilisable

Il y a aussi la phase où je me suis débarrassée des objets à usage unique.

  • le papier ménage, que l’on remplace par des chiffons micro-fibres (pouvant être achetés sans emballage plastique chet Otto’s et Jumbo)
  • les mouchoirs en papiers, que l’on remplace par des mouchoirs en tissus
  • l’aluminium et le cellophane, qu’on remplace par nos amis les Tup’ ou des Furoshiki (je vous en parle bientôt dans l’article sur les savons) qui font l’affaire pour le transport ou protéger les aliments que l’on met au frigo, et on dit au revoir au poisson en papillote ciao-ciao!
  • les bouteilles en plastiques à l’emporter, que l’on remplace par un contenant en verre ou une gourde Sigg ( car made in Switzerland 😉 ).

Et puis au final, on peut faire tout cela en continuant à faire ses courses à la Migros ou à la Coop.

La phase qui suit est celle qui me faisait le plus peur. C’est vrai, non franchement, je me disais « ça va pas être facile, je vais me gêner, je n’y connais rien… ».

 

Le marché et les magasins spécialisés

La première fois dans un vrai magasin en vrac, c’est le grand saut! Comment vous dire, si vous en sortez sans rien avoir acheté du tout, c’est normal, ça fait toujours ça la première fois. Et puis la deuxième fois, expérience faite, junior en vrac te regarde la bouche pleine de bulles et tu te rend compte qu’il vient de mettre sa bouche sous le bec verseur du liquide vaisselle et d’en goûter gaiement…Rhooo! Bon et puis on s’habitue, on prend la main, on devient moins hésitant, on sait enlever soi-même la tare (ouaiiis trop fière). Le plaisir remplace petit-à-petit la gêne du débutant. Mais ce que je préfère, c’est vraiment le marché! Un monde complétement nouveau pour moi, que j’ai énormément de joie à découvrir. L’accueil des commerçants, les sourires échangés, le plein air. Junior en vrac a eu du mal à s’y faire, il regrette les bonbons aux caisses et le rayon jouet. Désormais, il se fait offrir  des pommes, des carottes et des petits-pains et c’est cadeau, moi j’adore! Je lui donne une liste de légumes dont il a la responsabilité et dès qu’il les trouve, il peut remplir son sac, « c’est bon comme ça maman? ». Et puis, il faut s’équiper un peu. Au début on oublie toujours quelque chose, zut, j’ai oublié le tupperware pour le fromage! Mince la boîte à œufs! Rho si j’avais eu encore un petit sac, j’aurais bien acheté encore ça là…

 

Avec du recul

À ce jour, sachant que Monsieur en vrac ne partage pas la démarche et qu’il est en charge des courses une semaine sur deux, notre famille (deux adultes et un enfant) produit l’équivalent d’un sac poubelle de 17 litres chaque 10 jours. Nous recyclons encore pas mal (carton, verre, aluminium). Je m’accorde quelques compromis et j’essaie avant tout de me faire du bien. Car le mode de vie zéro déchet n’est pas seulement une nécessité pour protéger notre planète, c’est aussi passionnant par les remises en question qu’il suscite, gratifiant par les nouveaux challenges à relever et riche en échange et nouvelles rencontres. Il faut passer par des phases un peu décevantes et frustrantes, il s’agit néanmoins d’une extraordinaire aventure!  Le mouvement zéro déchet ne porte pas forcément bien son nom (si j’ose?), on aurait pu l’appeler  « déchet minimal » car le zéro déchet est un idéal avant tout, un moteur plus qu’un objectif en soi. Mon parcours n’est pas fini, j’ai encore des progrès à faire, des déclics à avoir et un long chemin à parcourir, yihaaa!

J’espère que cet article vous a plu et je me réjoui de faire votre rencontre sur les chemins du zéro déchet. Je suis curieuse de savoir où vous en êtes dans le processus et quelles sont les pratiques que vous avez adoptées, oui le cabas en tissus pour les courses à la Migros ça compte 😉 . Je suis sûre que vous aussi, vous avez des petites anecdotes sympa alors n’hésitez pas à les partager ici en commentaire.

 

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11 Comments

  1. Brigitte

    J’adore votre récit, il me correspond totalement, j’ai droit envie de le faire lire à tous ceux qui ne me comprennent pas
    Merci beaucoup 😊

    • Gabrielle Camara

      Un très grand merci pour ce retour positif qui me touche beaucoup Brigitte, je suis ravie qu’on soit au moins deux à se comprendre 🙂 et au plaisir de se croiser sur la route du zéro déchet! Gabrielle

  2. Nathi

    Merci pour ce chouette partage! Ça aide de savoir qu’on n’est pas seul en Suisse à aller dans le même sens, y en a sûrement plein d’autres qui font aussi des efforts et changent leur mode de vie, mais je trouve que pour l’instant, les gens en général n’ont pas vraiment eu encore de prise de conscience réelle et ne sont pas encore assez impliqués dans ces vrac, zéro déchets, désencombrement et un jour ( pour nous) plus de plastique. Y a beaucoup de blog français mais pas beaucoup par chez nous!

    Pour l’instant j’ai pas encore le temps qu’il faut ( travail à 100%, grossesse bientôt à terme et un enfant de 18 mois à la maison) mais j’aimerais bien me lancer dans un blog bientôt pour pouvoir partager toutes ces infos avec mon entourage en espérant que le bouche-à-oreille se fera! J’ai déjà la chance d’avoir un mari qui s’y fait gentiment mais sûrement à l’idée et il a déjà beaucoup désencombré ses affaires aussi!

    Voila, bravo et bonne suite!

    • Gabrielle Camara

      Oh merci Nathi ton message me touche beaucoup, je suis vraiment ravie. Au plaisir de se croiser sur la route du zéro déchet!
      PS: Bravo à ton mari, il pourrait peut-être convaincre le mien 😉

  3. mimijoyeuse

    C’est un plaisir de voir des suissesses sur la toile. J’ai 60 ans et ai commencé une réduction des déchets voici quelques mois. J’ai cependant toujours recyclé des objets en achetant tous mes biens aux puces ou Emmaüs et cie et ma fibre créatrice et bricoleuse a fait le reste pour personnaliser ce bric à brac. J’aime beaucoup cette démarche de réduction qui me replonge parfois au coeur des années 60 où une transition s’opérait entre une société qui se développait et des traditions ancrées. Je me souviens parfaitement d’une société sans plastic, et du premier achat d’une bassine pour laver la vaisselle dans cette matière, les voisines étaient venues contempler l’achat! Je rigole en t’écrivant cela mais c’est la vérité. Je trouve souvent ludique de chercher des solutions pour réduire notre impacte et j’essaye de me souvenir comment on faisait tel ou tel truc à cette époque! Je suis sans nostalgie cependant! J’adore formuler mes produits de nettoyage et mes produits de beauté. Pour Noël, j’ai cousu une pile de coton « à démaquiller/lotionner » pour offrir aux filles de ma famille. Elles ont adopté! C’est une goutte d’eau dans un océan, mais au moins on ne reste pas inactive et par un certain exemple, on peut aider des proches à envisager une autre consommation. Bonne nouvelle année qu’elle te soit propice à réaliser tes souhaits.
    P.S. : Chez moi aussi »l’homme » est récalcitrant, mais ils sont très lent à la détente les mâles!

    • Gabrielle Camara

      Merci Myriam pour ton commentaire, ce partage d’expérience est précieux. La bassin en plastique que les voisines viennent contempler, j’adore! Cette anecdote illustre parfaitement à quel point les objets en plastique ont envahis notre quotidien depuis. Bravo pour les cotons démaquillants comme cadeau de Noël zéro déchet, c’est top! Merci de suivre les activités de Lausanne en Vrac, une joie de t’avoir parmi nous. Et merci pour le P.S. ça me fait du bien de ne pas me sentir seule dans ce cas de figure ;-). Une très belle année à toi aussi et à bientôt sur les chemins du zéro déchet. Gabrielle

  4. Melbee

    Hello Gabrielle! Merci infiniment pour ces bonnes adresses! J’ai commencé un peu comme toi, en faisant un gros désencombrement, envie de vivre plus simplement, retour à l’essentiel, et bien sûr le vrac après avoir lu Béa.
    C’était il y a environ 3 ans et à l’époque je désespérait de ne pas trouver de magasins de vrac à Lausanne. C’est vraiment super de voir que les choses bougent et qu’il y a maintenant pleins d’endroits à Lausanne où acheter du vrac:)
    Si quelqu’un a des bons plans, conseils, du zéro déchet avec les enfants (jouets, anniversaires, comment leur faire comprendre/accepter …) je suis preneuse;
    Au plaisir!

    • Gabrielle Camara

      Merci pour le témoignages Mélissa ça me fait très plaisir! Oui c’est tellement bien d’être de plus en plus nombreux à adhérer à la démarche! Ton commentaire m’inspire un article sur les enfants et le zéro déchet, je vais m’y atteler 😊!

  5. Bonjour Gabrielle,
    Je suis le gérant des boutiques Vomfass de Genève et Lausanne. Mis à part la publicité relativement négative que vous nous faites, j’apprécie beaucoup le blog et la démarche qui qui sont les vôtres.
    Nous travaillons de notre coté à accentuer l’offre orientée zéro déchets, en proposant prochainement du vinaigre blanc, alcool ménager et du bicarbonate de soude en vrac. Cela devrait s’accompagner d’un divorce de notre franchiseur, qui comme vous le savez se trouve en Allemagne. L’idée est de proposer ces « produits ménagers » à faire sois même en plus de nos huiles, vinaigres et alcools alimentaires et cosmétiques.
    Nous réfléchissons également à consigner les contenants pour inciter les gens à la réutilisation. Car même si nous vendons nos bouteilles à un prix relativement élevé, les clients qui les réutilisent restent minoritaires.
    Bref, la démarche est dynamique.
    Meilleures salutations,
    Louis Appia

    • Gabrielle Camara

      Bonjour Monsieur Appia, merci pour votre commentaire. Dès que vous aurez mis en vente les produits ménager en vrac que vous mentionnez, n’hésitez pas à m’informer. Idem dans le cas d’une offre de produits consignés. Je me ferai alors un plaisir d’équilibrer mes propos :-). à bientôt Gabrielle

  6. Rapin Laurence

    Bonjour et merci pour le partage. Pour nous c’est tout récent notre prise de conscience et les démarche du « zéro déchet » donc votre blog me donne plein de conseil. Pour notre part les enfants semble encore plus motivé que nous, on leur a acheté des paille en inox et et maintenant ils ne veulent plus rien d’autre et sont tout fier de la nettoyer eux-même et ils me disent « maman s’est super on ne l’a met même pas a la poubelle.
    Salutation Rapin Laurence

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