Le poids de la fast fashion

Je n’ai pas l’habitude de faire des articles qui dénoncent les problèmes écologiques car j’ai choisi de parler des actions que l’on peut faire, des adresses pour changer nos habitudes et d’adopter un discours positif et bienveillant. Cependant, j’aimerais faire une série complète sur le thème de la mode car il me semble essentiel. C’est un secteur qui tue au sens littéral du therme et je pense que tout le monde doit en être conscient.

Je souhaite que 2020 soit l’année de la mode éthique !

La fast fashion mais qu’est-ce que c’est ?

La fast fashion ou mode rapide en français, désigne la partie de l’industrie vestimentaire qui se caractérise par le renouvellement très rapide des vêtements proposés à la vente et à un prix dérisoire.

Elle produit ainsi près d’une collection par semaine, le but étant de proposer des collections qui seront très vite passées de mode et qui demanderont aux clients de les renouveler très rapidement. Cela incite à acheter tout de suite et à ne pas attendre les soldes de fin de saison.

Pour s’assurer que nous revenions souvent acheter des vêtements, les industriels du vêtement produisent de la mauvaise qualité qui sera détériorée rapidement.

 

Comment font-ils pour baisser ainsi les coûts ?

Ils fabriquent en masse dans les pays du tiers-monde dans des conditions de travail inhumaines. Ainsi l’industrie de la mode est une contributrice importante de l’esclavage moderne.

Les grosses entreprises mettent la pression sur les usines de fabrication, qui a leur tour mettent le couteau sous la gorge de leurs employés.

Ils diminuent également la qualité des coutures et des finitions ainsi que la qualité des fibres. En achetant les fibres plus courtes, de moins bonne qualité. C’est ainsi que nos vêtements se déforment davantage, bouloche, etc. Je n’ai pas une paire de chaussette qui ne bouloche pas, est-ce normal ?

 

Les marques connues pour leur politique de fast fashion

  • Zara et le groupe Zara : Bershka, Pull and Bear, Stradivarius, …
  • H&M
  • Primark
  • Mango
  • Abercrombie & Fitch
  • Asos
  • Oysho

Et nous ne parlerons pas des sites comme Zalando, Wish et compagnie qui encouragent la fast fashion et incitent à acheter à tout moment.

Impact écologique

L’industrie du textile est la deuxième plus polluante de la planète, juste après l’industrie du pétrole. A elle seule, elle est responsable de 2% des émissions de gaz à effet de serre et de 10% des émissions de carbone de l’humanité.

Entre 2000 et 2014, la quantité de vêtements vendus dans le monde à doublé. DOUBLE ! La courbe est exponentielle, si bien qu’aujourd’hui on est à environ 150 milliards de vêtements vendus chaque année.

Selon les chiffres fournis par l’ADEME, la mode émet 1,2 milliard de tonnes de CO2 chaque année.

La quantité de microplastique relâchée par nos fibres synthétique chaque année dans l’eau est de 500 000 tonnes, soit environ 50 milliards de bouteilles en plastique…

Impact à toutes les échelles

De la production de la matière au recyclage du produit en fin de vie, l’impact de la mode est énorme.

Production de la matière première

Consommation d’eau

L’industrie de la mode est également le deuxième plus grand consommateur d’eau au monde en grande partie à cause de la production du coton.

Il faut environ 2650 litres d’eau pour produire une chemise en coton. C’est l’équivalent de la consommation d’eau d’une personne qui boirait au moins 8 verres par jour pendant trois ans et demi.

 

Le coton

La culture du coton est réputée pour être très consommatrice en eau. Pour rappel, en Ouzbékistan, la culture du coton a consommé tellement d’eau que la mer d’Aral s’est asséchée au bout d’environ 50 ans. Alors qu’elle était autrefois l’un des quatre plus grands lacs du monde, la mer d’Aral n’est plus qu’un désert composé de quelques petits étangs.

1kg de coton = 10 000 litres d’eau.

Pesticides et engrais chimique

Les pays producteurs continuent d’utiliser des pesticides et engrais chimiques interdits en Europe à cause de leur dangerosité sur la santé. 

Notamment au Pendjab, une région d’Inde spécialisée dans la culture du coton. Les paysans travaillent avec toute leur famille car ils n’ont pas les moyens d’avoir des ouvriers. Y compris les jeunes enfants car ils n’ont pas les moyens de les envoyer à l’école. Contraints d’augmenter au maximum leur production, ils épandent à tour de bras des pesticides dangereux sans protection et avec leurs enfants.

Les pesticides et engrais chimiques polluent à leur tour l’eau, qui empoisonne tous les habitants des villages proches des cultures.

Ces produits causent des problèmes d’insuffisance rénale, dérèglements hormonaux, des cancers, des problèmes génétiques, aux enfants dans des pays ou les gens n’ont pas les moyens de se soigner. On y voit ainsi des jeunes gens de 25 ans mourir d’insuffisance rénale ou de cancer du foie.

Exemple de pesticides utilisés en Inde et interdit en Europe : Monocrotophos, Triazophos, Phosphamidon, Carbofuran, … 

 

1 kg de coton = 75g de pesticide, 2kg d’engrais chimiques.

 

Le problème des fibres synthétiques

Beaucoup de ces fibres sont en polyester, un plastique que l’on trouve dans environ 60% des vêtements. La production de polyester libère deux à trois fois plus d’émissions de carbone que le coton, et surtout, il ne se décompose pas dans l’océan.

Dans l’ensemble, on estime que les microplastiques représentent jusqu’à 31% de la pollution plastique dans l’océan.

Transformation du coton en fibre

Après être séché le coton est transformé en fibre dans des usines. Les particules de coton sont partout dans l’air de ces usines, et les employés travaillent sans protection professionnelle. Les particules s’infiltrent donc dans leurs voies respiratoires.

 

La teinture et traitement chimique de la matière

Les vêtements sont pleins de produits chimiques, à commencer par ceux de la teinture, mais on retrouve également des retardateurs de flamme, ils ne se contentent pas d’empoissonner les ouvriers des usines car on retrouve ces substances dans notre sang !

Dans ce secteur encore, les conditions de travail sont désastreuses, car les ouvriers travaillent sans protection, et donc absorbent énormément de produits toxiques.

Les colorants et les fixateurs sont à base de métaux lourds. Chaque jour des millions de litres d’eau ressortent des usines après avoir été mélangés à ces poisons. L’eau n’est pas filtrée et retourne dans la nature. L’eau empoisonne ainsi les humains qui la boivent, la faune et la flore et qui irrigue les cultures.

Fabrication

Conditions de travail

Dans les usines de confection, les conditions de travail sont épouvantable. L’on y trouve une majorité de femmes et de très jeunes filles travaillant jusqu’à 70 heures par semaine, notamment des filles âgées de 12 ans.

Pourtant, au Bengladesh, la loi interdit de travailler dans une usine en dessous de 14 ans et les travailleurs mineurs n’ont pas le droit de faire plus de 36 heures par semaine.

Mises sous pression, les usines ne respectent pas les normes de sécurité, on a tous en mémoire la catastrophe du Rana Plaza qui causa la mort de plus d’un millier d’ouvriers du textile.

 

Scandale de santé public au Bengladesh

Les sableurs au Bengladesh, blanchissent les jeans au sable. Ils travaillent 12 heures par jour dans des ateliers surchauffés, poussiéreux, bruyants. Le sable volant dans l’air se loge dans leurs poumons et provoque la silicose, une infection des poumons INCURABLE. Les ouvriers sont en danger de mort à 30 ans à peine pour certains !

Cette technique de sablage est interdite dans l’union Européenne et en Turquie. Pourtant, il est encore pratique au Bengladesh pour que nous puissions porter des jeans tendance.

Des marques européennes fabriquent encore dans ces usines notamment Lindex (suède) comme le prouve Cash investigation. Même lorsque celles-ci affirment ne pas y avoir recours …

 

Substances chimiques dans nos vêtements

Tous les procédés chimiques que subissent les textiles polluent l’eau, intoxiquent les ouvriers et les riverains des usines (notamment les enfants, plus sensibles), mais selon des études récentes, notamment celle de Greenpeace, l’on constate que ces substances chimiques dans les vêtements, nous les retrouvons jusque dans notre sang !

  • Formaldéhyde
  • Composés perfluorés PFC
  • Retardateurs de flammes bromés. Toxique pour le foie et les reins, perturbateur endocrinien.
  • Les métaux lourds. Neurotoxique cancérogènes.

Allez lire … ça ne donne pas envie.

Un gaspillage gigantesque !

 

A la production

L’un des premiers secteurs de gaspillage de la mode se trouve à la production lors de la découpe du patron. En effet, on estime la perte de matière première à 15%, juste par la mauvaise découpe du patron. Créer un patron produisant 0 déchet est plus difficile, demande plus de qualification et de savoir-faire, ce qui revient donc plus cher pour les marques donc pas intéressantes.

 

Vêtement acheté non-porté

Selon Novethic, environ 30% de notre garde-robe n’est jamais portée et la plupart des vêtement sont utilisés moins de 10 fois. Au total, jusqu’à 85% des textiles se retrouvent à la décharge chaque année. Cela revient à remplir le port de Sydney tous les ans.

 

Peu de tri

On estime qu’en France, l’on recycle seulement 20% de nos tissus, alors qu’ils sont recyclables à 100%. (Novethic). En suisse, cela représente environ 53 tonnes (2017) par année selon swissrecycling. (Je n’ai pas trouvé le taux de recyclage du vêtement pour la Suisse, s’il existe et que vous le connaissez, envoyez-moi le lien)

 

Le scandale des invendus

Nous savons tous qu’Amazon détruits des millions d’articles neufs chaque année, mais qu’en est-il du secteur textile ? Bien sûr, il n’échappe pas à la règle.

Les frais de stockage sont importants, comme le souligne Edeni, H&M aurait pour plus de 4 milliards d’euros de produits invendus,  il est donc impératif pour les marques de réduire leur stock. En France, le coût fiscal des invendus engendre plus d’impôts pour les entreprises. Elles ont donc tout intérêt à détruire car ça leur revient bien moins cher.

La France va légiférer pour interdire la destruction des invendus (2023)  mais la Suisse ne semble pas encore concernée.

 

La valorisation des textiles selon Texaid

Texaid explique que La réutilisation des invendus comme vêtements de seconde main est la première étape sur la liste des priorités.

La deuxième étape est l’utilisation des textiles sous forme de fibres pour faire des chiffons et matériaux d’isolation.

En dernier recours, les habits sont incinérés. Ce qu’ils appellent une « valorisation thermique ».

 

Le greenwashing des marques de la fast fashion

Pour faire face à ces scandales qui commencent à éveiller les consciences et pousse certains consommateurs que nous sommes à changer leurs habitudes, les grandes marques tentent de faire bonne figure. Mais faut pas rêver, elles ne vont pas s’asseoir sur leurs millions, alors que font-elles ? du greenwashing pardi ! comme ça tu crois que c’est bien, et tu achètes encore plus sans te douter que c’est pire !

C’est le cas de H&M notamment qui matraque partout qu’ils font dans l’écoresponsable avec des vêtements recyclés à partir de bouteilles en plastique.
Bien mais comme je l’explique plus haut, les fibres synthétiques contiennent des micro plastiques qui ne sont pas filtré par les stations d’épuration et donc se retrouvent … dans l’eau ! et oui ! Et pendant ce temps, les même vêtements continuent d’être produits dans les conditions désastreuses citées plus haut.

Je te laisse avec l’article d’En-vert-et-contre-tout sur le sujet.

 

Aller c’est bon, on a compris…

Ouf… aller j’arrête, respire… Je t’avoue que cet article m’a fiché le bourdon.

 

Bon, je vous en ai mis pleins la tête, alors résumons. La mode a un impact extrêmement lourd de sa production à la déchetterie. Production de matière très consommatrice d’eau, de pesticides, pollution énorme des sols avec les pesticides, elle tue les paysans, leurs familles et les gens qui vivent dans le coin, teintures toxiques qui polluent l’eau mais produits qui se retrouvent sur nous ensuite, emploi précaire et emploi d’enfant pour la confection, impact carbone dû au transport, création d’énormément de déchets et destruction de millions de vêtements neufs. 

Et j’en passe.

Personnellement, cet article m’a dégouté ! Mais il m’a encore plus motivé à changer et à vous montrer comment on peut changer ! 

Même si ça choque, diffuse-le. Tout le monde à le droit de savoir.

 

Mais elles sont ou les solutions ?

Promis la prochaine fois, je parle de la mode écoresponsable, des solutions pour s’habiller de façon éthique et je vous donne toutes mes adresses lausannoises ! Reste connecté, ça arrive TRES VITE !

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1 Commentaire

  1. Virginie

    Coucou,
    C’est pour toutes ces raisons que nous avons créé Le Troc (www.letroc.org) avec des copines 🙂
    Alors c’est un événement local (Bienne) mais cela permet de sensibiliser les gens en leur offrant la possibilité d’échanger leurs vêtements gratuitement. Et le succès est au rendez-vous.
    Bises
    Virginie

    Réponse

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  1. S'habiller éco-responsable | Série mode éco-responsable | Lausanne-en-vrac - […] La mode et la fast fashion, ce n’est pas joli-joli et si tu veux savoir à quel point son…

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